Souleymane a commencé l'école au mois de septembre, et waoh, cela nous a demandé de l'adaptation - plus à nous qu'à lui.
Je me suis dit que j'allais vous raconter comment c'était l'école canadienne pour faire la comparaison avec la France.
D'abord, les rythmes sont différents. L'école ne commence qu'à 4 ans, et pour la maternelle, dans la plupart des écoles, la journée n'est que de 9h à 12h par exemple. Pour nous, vu que Souleymane est dans une école francophone, c'est une autre organisation, et c'est donc une journée complète - mais qui s'arrête malgré tout tôt, à 14h45. Conclusion : beaucoup de mères choisissent de ne pas travailler ou se mettent à travailler en indépendant pour s'adapter à ces rythmes. Oui, cela reste en général les femmes qui sont affectées.
Il y a aussi beaucoup moins de vacances : deux semaines à Noël, une semaine en mars et pi voilà... Pour moi, en tant que parent, c'est pas mal - moins d'organisation pour gérer le temps des vacances, trouver un centre aéré, etc, mais pour les enfants, je trouve que c'est un rythme soutenu. Il n'y a pas de pause dans la semaine non plus, ils vont à l'école tous les jours.
Bref, une journée plus courte qui doit être censée compenser le fait qu'il y a moins de vacances mais pour plein d'enfants qui vont dans des after-school programs, c'est quand même un sacré rythme. Exemple: Souleymane. Après l'école, il prend un taxi qui l'améne dans sa garderie où il reste jusqu'à environ 5h30. Sachant qu'il prend le bus à 7h40, ça fait une longue journée !
Ce qui a nécessité pas mal d'adaptation de notre part, c'est le manque de contact avec l'école (qui a sa propre page Wikipedia). Cela commence dès le matin, quand il monte dans le bus - pas le droit pour les parents de monter aussi et d'aider, il doit se débrouiller seul pour tirer son gros sac, s'asseoir et mettre sa ceinture. Djoumé a eu du mal à s'habituer à cela. Puis il n'y a pas de cantine, alors c'est nous qui devons préparer certains repas et les goûters de Souleymane. C'est pour moi que c'est l'angoisse là : est-ce que mon petit aura assez à manger??? Ne pas vraiment connaître la maîtresse et ne communiquer avec elle qu'avec une pochette intitulée "le facteur", ne pas avoir de rapport journalier sur les activités et comment s'est passé la journée. Ca a été dur pour moi de lâcher ce contrôle, ces ré-assurances. Mais cela va avec l'enfant qui grandit...
Pas de cantine donc, mais des services de "traiteur" sont proposés, un pour le lundi / mercredi, l'autre pour le mardi / jeudi et rien pour le vendredi... Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué??? Le dernier vendredi de chaque mois, il y a le "repas pizza", organisé pour collecter des fonds pour l'école, pour financer des sorties, des équipements pour l'école, etc...
A la rentrée, le directeur de l'école et la maîtresse ont fait un caca sur le fait que les repas et les goûters des enfants devaient être de bonne qualité nutritionelle et la maîtresse nous a demandé de ne jamais mettre de biscuits ou de bonbons. Je comprends pour les bonbons - même si le lendemain d'Halloween, ça va un peu à l'encontre de la culture locale... Mais pas non plus de gâteaux fait maison. Le jour de leur anniversaire? Amenez des fruits s'il vous plaît, pas de gâteau... Mais à part ça, l'école, elle, sert un repas pizza une fois par mois... Alors personnellement, je mets de temps en temps des gâteaux maison et des biscuits à Souleymane, parce-que je trouve que tant que l'école se permettra de servir de la pizza et à la présenter comme une pizza "santé" parce-qu'il y a 3 tranches de légumes dessus, moi je pourrai ajouter mes gâteaux faits maison avec plein de fruits. Na !
La collecte de fonds... est-ce que c'est quelque-chose que vous voyez beaucoup vous dans les écoles de vos enfants? Jusque là, je pense que Souleymane est revenu à peu près une fois toutes les deux semaines avec une proposition pour acheter ci ou ça et "une partie des fonds seront collectés pour l'école pour financer XXX projet". Je ne sais pas trop quoi en penser jusque là, la Française en moi considère que cela devrait être financé par "l'Etat" mais l'immigrée au Canada sait que c'est la tradition ici et trouve aussi que c'est pas mal de se trouver associée et de pouvoir participer à hauteur de ses capacités...
Quant au contenu pédagogique ? J'ai l'impression que c'est plus sérieux qu'en France. Déjà à la crèche, il apprenait l'alphabet, un peu à écrire, etc... Là, maintenant, notre petit Souleymane nous parle de faire son "travail" quand il colorie bien dans les contours, et on sent l'accent mis sur l'apprentissage de l'alphabet et l'introduction à la lecture. On a déjà eu un bulletin et on a eu une soirée pour nous présenter le corpus pédagogique de l'année et les savoirs qu'ils sont censés acquérir tout au long de l'année. Tout cela me laisse un sentiment doux-amer. Il semblait prêt à plus d'apprentissage, plus de défis intellectuels... et c'est vrai que pour les enfants, le jeu est leur travail, c'est comme ça qu'ils apprennent... mais je crois que j'aurais préfèré que le terme "travail" lui-même reste étranger à son vocabulaire pour encore quelques années...
Voilà. Est-ce si différent de la France? Qu'en pensez-vous?
Au fait, j'ai mis des photos de cet automne en ligne.








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