Avec un peu de retard, voici une petite revue de presse et aussi quelques impressions "vu d'ici" concernant l'élection de François Hollande.
D'abord, un petit élément culturel. Je me suis rendue compte qu'il me semblait tout naturel de dire, en français, qu'un socialiste avait été élu à la présidence de la France. En revanche, dire : "a socialist has just been elected French president" semble vraiment bizarre. J'ai mentalement incorporé le fait que "socialist" ou "socialism" est presque un gros mot ou une insulte en Amérique du Nord, ou en tout cas quelque-chose de complètement étranger à la vie politique locale. Je me retrouve à presque m'excuser ou au moins à expliquer que "socalist party", c'est le nom du parti, mais que ce ne sont pas des marxistes-léninistes qui vont refaire la Révolution bolchévique en France :)
Maintenant, pour entrer dans le vif du sujet, je dirais que l'élection ici a été vue surtout à partir du prisme de la crise qui secoue l'Europe en général. Etant donné que le même jour avaient eu lieu des élections en Grèce et des élections locales en Allemagne, les grands journaux canadiens titraient sur l'ensemble des élections ayant eu lieu ou en cours en Europe, sur le rejet des plans d'austérité par les peuples européens et sur les conséquences que ces élections allaient avoir sur les marchés financiers.
Voici par exemple la Une du Toronto Star le 7 mai, le lendemain de l'élection :

Généralement, pendant la campagne, les journalistes ne savaient pas trop quoi faire de Hollande. Très peu connu à l'etranger, faible expérience gouvernementale mais en même temps les journalistes ne voulaient pas se mouiller à trop le critiquer, étant donné qu'il est president maintenant. Bref, on lui laisse sa chance. Ce papier du New-York Times , publié en avril, était assez représentatif. Par le titre : "The Soft Middle of François Hollande", on sent que si les journalistes ne se mouillent pas, ils considèrent que Hollande lui-même ne se mouille pas trop. Le journaliste explique que si tout le monde doute de sa présidentiabilité, lui n'en a jamais douté. Et malgré tout, ce papier laisse un peu un sentiment d'homme venu de nulle part, simple mais assez inconnu.
Ce type d'article était assez généralisé, particulièrement au lendemain de l'élection. Je ne vais pas en faire une liste.
Ce que j'ai aimé particulièrement, ce sont deux articles d'analyse d'économie politique. L'un de Krugman, prix Nobel d'economie, pour le New-York Times. L'autre pour le Globe and Mail.
Krugman fait de l'humour en titrant son papier "Those Revolting Europeans". Il explique qu'il était bien temps que les peuples européens se révoltent contre l'austérité imposée par les gouvernements et les marchés financiers pour faire face à la crise et qui d'après lui ne fonctionne pas. Il prend pour exemple l'Irlande et l'Islande, qui étaient toutes deux dans la même situation après la crise financière mais qui ont choisi deux voies différentes. L'Islande a fait le choix de laisser s'écraser ses banques, et de dévaluer sa monnaie. L'Islande est maintenant en croissance. L'Irlande, de son côté, ne pouvait pas dévaluer, faisant partie de l'euro. Ils ont donc appliqué les politiques d'austérité recommandéea mais n'ont toujours pas regagné la confiance des marchés financiers et empruntent toujours à des taux supérieurs à l'Espagne ou le Portugal, sans pour autant vouir l'économie rebondir. Paul Krugman justifie par ces exemples la nécessité d'une politique européenne de croissance.
Il ironise aussi sur The Economist qui qualifiait Hollande "d'homme dangereux" et se demande comment on peut considérer un personnage aussi bonhomme qu'Hollande de dangereux.
La tribune est à lire ici sur le New York Times.
Dans cet article du Globe and Mail titré "with Hollande's defeat of Sarkozy, France dodges a bullet", on dit que la France l'a carrément échappé belle en élisant F. Hollande. Le G&M explique que Sarkozy avait été élu sur l'idée de remettre la France au travail, notamment en la faisant participer au mouvement de mondialisation financière (c'est l'interprétation du G&M). Cela avait plutôt bien commencé pour lui, . Mais l'éclatement de la bulle et l'arrivée de la crise ont enlevé à la présidence Sarkozy sa raison d'être
(en français dans le texte). C'est en cela que la France l'a échappé belle, d'après le Globe and Mail, car Sarkozy n'a finalement pas eu le temps de déreglementer la France suffisament pour que dans la crise, elle ne se retrouve dans la situation de l'Irlande ou l'Islande. Et c'est tant mieux.
Voici donc deux exemples dans des grands quotidiens anglophones. Du côté québecois, outre les traditionnels portraits de Hollande, la question est de savoir quelle est sa position vis à vis du projet séparatiste québecois et les rapports entre les libéraux à la tête de la province du Québec et le PS, qui a historiquement davantage de relations avec le PQ, le parti indépendantiste québecois. Rappel : libéral dans les pays anglo-saxons veut dire de centre-gauche :)
Voilà, dites-mois si ça vous intéresse et si je devrais refaire d'autres petites revues de presse, limitées et subjectives, mais quand meme un poil intéressantes j'espère !
Mon cher Malik

Souleymane a 







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