News from Toronto

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vendredi 24 octobre 2008

Médical, encore !

Ce matin, Djoumé et moi sommes allés passer une visite médicale dans le cadre de notre demande de statut de résident permanent canadien. Encore une nouvelle expérience médicale, encore une belle impression d'usine (à fric) !

Nous commençons par le médecin. $160 par personne pour un examen d'1/4 d'heure. Le médecin connaissait tellement bien le formulaire qu'il ne nous laissait même pas le temps de répondre oui ou non aux questions qu'il posait (avez-vous déjà eu la tuberculose ? eu du diabète ? pris des drogues ? ___ là, je voulais répondre "oui bien sûr", mais il ne m'en a pas laissé le temps, dommage, alors j'ai menti par omission ___ non, rassure-toi, maman, j'ai jamais pris de drogues !) Pareil, il vérifiait notre respiration, j'avais même pas le temps d'inspirer qu'il me demandait déjà d'avoir expiré et ré-inspiré pour vérifier un autre point ! Au final, je suis sortie toute essouflée de son cabinet !

Ensuite, le laboratoire d'analyses. Analyses de sang pour vérifier qu'on n'a pas le SIDA ou la syphylis. Sympa, nan ? Un peu limite d'un point de vue éthique, nan ?

Bon, l'usine est difficile à décrire... Mmh, voyons... Occupation maximale de l'espace, pas de chaises à disposition du staff comme ça, pas de pause-café, et très peu de chaises pour les patients, une laborantine qui te demande ton nom, te pique, et te dit que tu peux partir en moins de 3 minutes. Bon faut dire que là, pour le coup, cela coûte $15 la piqûre et qu'il doit falloir en faire un bon paquet à l'heure pour être rentable...

Enfin, la radio des poumons. Nous avons attendu une bonne demi-heure, et puis 5 personnes, dont nous deux, ont été appelées. Djoumé a été directement dirigé vers la salle de radiographie, tandis qu'on indiquait aux 4 femmes des petites cabines où nous pouvions nous déshabiller et enfiler une blouse d'hôpital bleue. Les cabines étaient alignées, et l'image de ces 3 femmes assises sur leur petit banc, dans le même vêtement, donnait une impression d'anonymat frappante. Et puis on entendait la technicienne répéter inlassablement les mêmes paroles, exactement les mêmes, à tout le monde, à travers la porte. Elle doit les répéter tous les jours, pendant 8 heures d'affilée, 350 jours par an (365 - 3 semaines de congés réglementaires)...

Au final, j'ai deux nouvelles professions au tableau des boulots que je n'aimerais pas exercer : laborantine et technicienne de radiographie.

mardi 21 octobre 2008

Un an

Aujourd'hui, nous fêtons le premier anniversaire de Souleymane.

Aujourd'hui, j'ai l'impression que cette année a passé très vite. Mais je sens aussi que je ne suis plus la même qu'il y a un an et un jour. Cette année a peut-être passé très vite, mais elle a été composée de journées longues, voire très longues ! (et de nuits très longues aussi, accessoirement )

Tous les parents ont leurs petites perles à raconter. Tous les parents (tout le monde) ont vécu de petits moments anodins et insignifiants de l'extérieur, et qui sont quand on les vit, quand on s'en souvient, de purs moments de bonheur, de petits joyaux de vie. Souleymane a magnifié ces petits moments, et il les a multiplié.

Je suis très heureuse et très fière d'accompagner ce petit bonhomme en devenir et de voir sa personnalité se développer. Je suis curieuse de voir ce qu'il fera de sa vie... Il est parti...

PS : un petit best of des photos de cette première année ici - (login ondet - mot de passe salvetti)

vendredi 10 octobre 2008

Expérience médicale étrange

Aujourd'hui, je suis devenue hypermetrope pour deux heures.

Et ben je peux vous dire que je compatis les amis...

D'ordinaire, je suis plutôt quelqu'un qui voit bien, mais je suis allée chez l'ophtalmo pour un petit examen de rien du tout (que je pensais) et pour ce faire, le médecin m'a mis des gouttes qui m'a-t-elle dit, allaient réduire ma vision de près pour environ deux heures.

Quelle horreur.

J'étais dans un grand centre commercial, je n'avais pas Souleymane avec moi, je m'étais dit "chouette, je vais pouvoir faire un peu de shopping". Que nenni ! De loin, je me disais "ouah, il a l'air chouette ce pull", de près, impossible de savoir si c'était de la laine ou du coton. Au toucher, je faisais la différence, mais de toute façon, j'arrivais à lire ni la taille, ni le prix. Après avoir demandé des infos à deux personnes et les avoir vues me regarder comme si j'étais une parfaite idiote de leur tendre l'étiquette de prix mais de leur demander quand même quel était le prix. Alors j'ai abandonné.

J'ai voulu rentrer à la maison, mais impossible de trouver les jetons de TTC dans mon porte-monnaie au milieu de mes pièces de monnaie... je suis donc rentrée à pied.

Je me suis dit "bon ben je vais enfin tenter cette recette de hoummous pour voir si Souleymane aime ça". Ouais... j'ai pas réussi à ouvrir la boîte de pois chiches parce-que je voyais trop trouble et que j'avais peur de me couper le doigt.

Il commençait à être l'heure de manger, j'ai réussi à verser les pattes dans l'assiette, puis la sauce bolognaise dessus sans en mettre partout. Bon, vous allez me dire, ça c'est un exploit en soit, que ma vue soit altérée ou non... je suis tous les jours capables de rater mon assiette ou de la faire tomber par terre.

Ensuite comme je m'ennuyais en mangeant seule, j'ai essayé de mettre la radio (bien sûr, lire les journaux sur internet était exclu), mais je voyais pas les fréquences.

J'ai fini par manger seule à ma table et je regardais par la fenêtre... Les feuilles des arbres étaient tout à fait claires... puis quand je baissais les yeux sur mes pattes, je ne voyais qu'une masse rouge et jaune. Le contraste était perturbant. Jusqu'à ce que peu à peu, je commence à distinguer une patte d'une autre...

Youhou, j'avais retrouvé ma vue...

Mais vraiment, vraiment, je compatis. Je m'étais toujours demandée ce que ça fait d'avoir une mauvaise vue, je me disais que je le saurais un jour... et ben voilà, cela viendra à nouveau dans une dizaine d'année, mais là c'était un premier essai et j'ai vraiment pas aimé. '' (Sinon, mes yeux vont très bien, je vous remercie de vous en soucier. J'ai juste besoin de petites lunettes pour ne plus avoir mal au crâne quand je lis). ''